Vincent Guédon

Le monde me quitte

Livre

Il y avait une route bien tracée devant lui. Rien ne semblait devoir altérer sa trajectoire. Et puis quelque chose est arrivé qui a tout changé. Une guêpe l’a piqué, et quand il s’est regardé dans le miroir il n’était déjà plus le même.
Dans Le monde me quitte, l’incertain protagoniste Frank dit ce bouleversement, sa nouvelle existence. Il parle, il parle trop. C’est le récit qui parle. Frank rêvait de solitude et de silence, et le voilà maintenant affublé d’un compagnon tout aussi incertain. Il n’est plus seul. C’est sans doute qu’il avait besoin de quelqu’un pour faire ce qu’il s’était donné à faire : se retirer, peutêtre, enfin, du monde.

L’écriture de Vincent Guédon est intacte, poétique et sensible. Une écriture qui dit et explicite le monde dans ses moindres failles, décrivant une société folle, justement, si peu poétique.

Auteur de Ce qu’on attend de moi, Le monde me quitte est le deuxième roman de Vincent Guédon.

Comédien et écrivain, Vincent Guédon est issu du conservatoire puis du Théâtre National de Bretagne. Après une collaboration au journal L’Impossible, dirigé par Michel Butel.

Extrait :

Oui, je rétrécissais, je diminuais, et mon sang refluait vers mon coeur comme un homme saisi par le froid. Je mangeais peu et ce froid envahissait tout. Je vivais dans un monde glacé, je fondais, tête en bas, stalactite promise à la disparition. Et pourtant, dit-il, j’étais un industriel aimé, oui. Le matin je disais bonjour à tout le monde, quelle que soit sa fonction. Du gardien au sousdirecteur, du plus bas au plus haut. Pure démagogie, bien sûr. Je dis industriel, je pourrais dire patron, plus simplement. Patron d’une société, société de fabrication, fabrication d’engins, engins de chantier, et autre. C’était surtout cet autre qui m’enrichissait. Je visais haut.

Bertrand Flamain

La lumière parle et se renverse

Livre

Il s’agit d’une marche fragmentée, d’un poème à ciel ouvert, d’une succession de pas en pleine lumière. Lumière qui leurre autant qu’elle révèle, lumière crue qui mord à même l’attente que creuse la parole. Insondable lumière de la parole. Lumière pourtant. 

Déjouant ou contournant les allégories de toute lumière poétique, Bertrand Flamain, à la faveur de l’ombre et de la lumière, éconduit l’opacité et les ténèbres. Seule la limpidité d’un monde affleuré puis envahi par la lumière de midi renverse les êtres et peut-être leurs illusions.

La lumière parle et se renverse invoque la terre, le chien, la faim, l’amour et autres prosaïsmes se révélant scintillants à qui ne saurait redouter la lumière et ses manifestations, à qui requiert avec insistance au seuil de la parole une lueur, un espoir.

Poète et musicien, Bertrand Flamain, né en 1979, vit à Paris. La lumière parle et se renverse est son premier recueil.

Extrait :

Bientôt une autre voix se fait entendre. Un rire
d’enfant résonne en coulisse. Mais cette voix, bien
que frêle, bien qu’en marge, fait partie de la pièce.
Et l’on sent bien qu’elle ne cherche pas à nous dire
autre chose que ce qui a été dit. Elle n’ajoute ni ne
retranche rien. Elle prononce les mêmes mots. 
Elle rejoue la scène, mais hors du monde, 
mais hors du temps, et c’est comme si soudain 
elle nous rendait à notre forme simple 
de l’immédiat et du fini, comme
si soudain elle nous donnait à entendre le texte
jusque-là emparé, détourné de sa propre parole.

Mais déjà je tremble d’aborder à cette rive,
de troubler cette lumière.

Parution : 28 avril 2016

Rencontre & Lecture


La lumière parle et se renverse





Vincent Guédon

Le monde me quitte

Livre

Il y avait une route bien tracée devant lui. Rien ne semblait devoir altérer sa trajectoire. Et puis quelque chose est arrivé qui a tout changé. Une guêpe l’a piqué, et quand il s’est regardé dans le miroir il n’était déjà plus le même.
Dans Le monde me quitte, l’incertain protagoniste Frank dit ce bouleversement, sa nouvelle existence. Il parle, il parle trop. C’est le récit qui parle. Frank rêvait de solitude et de silence, et le voilà maintenant affublé d’un compagnon tout aussi incertain. Il n’est plus seul. C’est sans doute qu’il avait besoin de quelqu’un pour faire ce qu’il s’était donné à faire : se retirer, peutêtre, enfin, du monde.

L’écriture de Vincent Guédon est intacte, poétique et sensible. Une écriture qui dit et explicite le monde dans ses moindres failles, décrivant une société folle, justement, si peu poétique.

Auteur de Ce qu’on attend de moi, Le monde me quitte est le deuxième roman de Vincent Guédon.

Comédien et écrivain, Vincent Guédon est issu du conservatoire puis du Théâtre National de Bretagne. Après une collaboration au journal L’Impossible, dirigé par Michel Butel.

Extrait :

Oui, je rétrécissais, je diminuais, et mon sang refluait vers mon coeur comme un homme saisi par le froid. Je mangeais peu et ce froid envahissait tout. Je vivais dans un monde glacé, je fondais, tête en bas, stalactite promise à la disparition. Et pourtant, dit-il, j’étais un industriel aimé, oui. Le matin je disais bonjour à tout le monde, quelle que soit sa fonction. Du gardien au sousdirecteur, du plus bas au plus haut. Pure démagogie, bien sûr. Je dis industriel, je pourrais dire patron, plus simplement. Patron d’une société, société de fabrication, fabrication d’engins, engins de chantier, et autre. C’était surtout cet autre qui m’enrichissait. Je visais haut.

Bertrand Flamain

La lumière parle et se renverse

Livre

Il s’agit d’une marche fragmentée, d’un poème à ciel ouvert, d’une succession de pas en pleine lumière. Lumière qui leurre autant qu’elle révèle, lumière crue qui mord à même l’attente que creuse la parole. Insondable lumière de la parole. Lumière pourtant. 

Déjouant ou contournant les allégories de toute lumière poétique, Bertrand Flamain, à la faveur de l’ombre et de la lumière, éconduit l’opacité et les ténèbres. Seule la limpidité d’un monde affleuré puis envahi par la lumière de midi renverse les êtres et peut-être leurs illusions.

La lumière parle et se renverse invoque la terre, le chien, la faim, l’amour et autres prosaïsmes se révélant scintillants à qui ne saurait redouter la lumière et ses manifestations, à qui requiert avec insistance au seuil de la parole une lueur, un espoir.

Poète et musicien, Bertrand Flamain, né en 1979, vit à Paris. La lumière parle et se renverse est son premier recueil.

Extrait :

Bientôt une autre voix se fait entendre. Un rire
d’enfant résonne en coulisse. Mais cette voix, bien
que frêle, bien qu’en marge, fait partie de la pièce.
Et l’on sent bien qu’elle ne cherche pas à nous dire
autre chose que ce qui a été dit. Elle n’ajoute ni ne
retranche rien. Elle prononce les mêmes mots. 
Elle rejoue la scène, mais hors du monde, 
mais hors du temps, et c’est comme si soudain 
elle nous rendait à notre forme simple 
de l’immédiat et du fini, comme
si soudain elle nous donnait à entendre le texte
jusque-là emparé, détourné de sa propre parole.

Mais déjà je tremble d’aborder à cette rive,
de troubler cette lumière.

Parution : 28 avril 2016


Bertrand Flamain

La lumière parle et se renverse

Livre

Il s’agit d’une marche fragmentée, d’un poème à ciel ouvert, d’une succession de pas en pleine lumière. Lumière qui leurre autant qu’elle révèle, lumière crue qui mord à même l’attente que creuse la parole. Insondable lumière de la parole. Lumière pourtant. 

Déjouant ou contournant les allégories de toute lumière poétique, Bertrand Flamain, à la faveur de l’ombre et de la lumière, éconduit l’opacité et les ténèbres. Seule la limpidité d’un monde affleuré puis envahi par la lumière de midi renverse les êtres et peut-être leurs illusions.

La lumière parle et se renverse invoque la terre, le chien, la faim, l’amour et autres prosaïsmes se révélant scintillants à qui ne saurait redouter la lumière et ses manifestations, à qui requiert avec insistance au seuil de la parole une lueur, un espoir.

Poète et musicien, Bertrand Flamain, né en 1979, vit à Paris. La lumière parle et se renverse est son premier recueil.

Extrait :

Bientôt une autre voix se fait entendre. Un rire
d’enfant résonne en coulisse. Mais cette voix, bien
que frêle, bien qu’en marge, fait partie de la pièce.
Et l’on sent bien qu’elle ne cherche pas à nous dire
autre chose que ce qui a été dit. Elle n’ajoute ni ne
retranche rien. Elle prononce les mêmes mots. 
Elle rejoue la scène, mais hors du monde, 
mais hors du temps, et c’est comme si soudain 
elle nous rendait à notre forme simple 
de l’immédiat et du fini, comme
si soudain elle nous donnait à entendre le texte
jusque-là emparé, détourné de sa propre parole.

Mais déjà je tremble d’aborder à cette rive,
de troubler cette lumière.

Parution : 28 avril 2016


Agenda

Rencontre & Lecture - Bertrand FLAMAIN - Librairie de L'Autre Livre - Paris - 7 juin 2016 - 19h30

Montreuil sur Livres - Samedi 21 mai 2016 - Place du marché

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