Guillaume Brandebourg

Et rien qui ne sort des bouches

Livre

De retour dans sa ville natale, le narrateur se retrouve avec son père et revoit l’usine, partout l’usine, et tout autour d’elle la peur des avenirs d’enfant et la culpabilité, la culpabilité d’un corps aimé qui est tombé, des corps esquintés qui l’entourent, mécaniques, les corps muets, la culpabilité aussi de ne pas avoir trouvé les mots, les mots qu’il fallait dire ou ne pas dire, et la colère de ne pas les entendre.
Le frère du narrateur, son père, sont machine, plante ; lui a fui, il ne sait plus ce qu’il estparmi eux, alors il reste silence. C’est par le langage écrit, et non oral, que leur humanité peut leur être rendue.

Originaire d’une petite ville de Lorraine toute entière vouée à la fonte, Guillaume Brandebourg a connu les bruits et les odeurs, ceux qui quittent l’école pour l’usine et les poussières métalliques dans l’oeil.
Dans une langue poétique, sur des terres industrielles dévastées, des hommes aux allures de machines redéfinissent les contours du monde ouvrier. La figure emblématique de l’ouvrier devient ici matière, masse abimée, broyée puis ignorée.

Guillaume Brandebourg a 31 ans et vit à Berlin. Et rien qui ne sort des bouches est son premier roman.

Extrait :

Je n’ai pas compris les veines et les brûlures, les hématomes bleus qu’il arborait et qui ressemblaient à des bastaings de fer dégoulinant, son squelette cassé, remplacé par un chantier dévasté, interdit aux sentiments quels qu’ils soient ; tous ses organes internes ne palpitaient que par décharges électriques, son corps sur des ressorts qu’il avait renoncé à remonter ; il ne ressemblait déjà plus à un homme, il s’était lui-même transformé en usine (...).
 

Bertrand Flamain

La lumière parle et se renverse

Livre

Il s’agit d’une marche fragmentée, d’un poème à ciel ouvert, d’une succession de pas en pleine lumière. Lumière qui leurre autant qu’elle révèle, lumière crue qui mord à même l’attente que creuse la parole. Insondable lumière de la parole. Lumière pourtant. 

Déjouant ou contournant les allégories de toute lumière poétique, Bertrand Flamain, à la faveur de l’ombre et de la lumière, éconduit l’opacité et les ténèbres. Seule la limpidité d’un monde affleuré puis envahi par la lumière de midi renverse les êtres et peut-être leurs illusions.

La lumière parle et se renverse invoque la terre, le chien, la faim, l’amour et autres prosaïsmes se révélant scintillants à qui ne saurait redouter la lumière et ses manifestations, à qui requiert avec insistance au seuil de la parole une lueur, un espoir.

Poète et musicien, Bertrand Flamain, né en 1979, vit à Paris. La lumière parle et se renverse est son premier recueil.

Extrait :

Bientôt une autre voix se fait entendre. Un rire
d’enfant résonne en coulisse. Mais cette voix, bien
que frêle, bien qu’en marge, fait partie de la pièce.
Et l’on sent bien qu’elle ne cherche pas à nous dire
autre chose que ce qui a été dit. Elle n’ajoute ni ne
retranche rien. Elle prononce les mêmes mots. 
Elle rejoue la scène, mais hors du monde, 
mais hors du temps, et c’est comme si soudain 
elle nous rendait à notre forme simple 
de l’immédiat et du fini, comme
si soudain elle nous donnait à entendre le texte
jusque-là emparé, détourné de sa propre parole.

Mais déjà je tremble d’aborder à cette rive,
de troubler cette lumière.

Parution : 28 avril 2016

Rencontre & Lecture


La lumière parle et se renverse





Guillaume Brandebourg

Et rien qui ne sort des bouches

Livre

De retour dans sa ville natale, le narrateur se retrouve avec son père et revoit l’usine, partout l’usine, et tout autour d’elle la peur des avenirs d’enfant et la culpabilité, la culpabilité d’un corps aimé qui est tombé, des corps esquintés qui l’entourent, mécaniques, les corps muets, la culpabilité aussi de ne pas avoir trouvé les mots, les mots qu’il fallait dire ou ne pas dire, et la colère de ne pas les entendre.
Le frère du narrateur, son père, sont machine, plante ; lui a fui, il ne sait plus ce qu’il estparmi eux, alors il reste silence. C’est par le langage écrit, et non oral, que leur humanité peut leur être rendue.

Originaire d’une petite ville de Lorraine toute entière vouée à la fonte, Guillaume Brandebourg a connu les bruits et les odeurs, ceux qui quittent l’école pour l’usine et les poussières métalliques dans l’oeil.
Dans une langue poétique, sur des terres industrielles dévastées, des hommes aux allures de machines redéfinissent les contours du monde ouvrier. La figure emblématique de l’ouvrier devient ici matière, masse abimée, broyée puis ignorée.

Guillaume Brandebourg a 31 ans et vit à Berlin. Et rien qui ne sort des bouches est son premier roman.

Extrait :

Je n’ai pas compris les veines et les brûlures, les hématomes bleus qu’il arborait et qui ressemblaient à des bastaings de fer dégoulinant, son squelette cassé, remplacé par un chantier dévasté, interdit aux sentiments quels qu’ils soient ; tous ses organes internes ne palpitaient que par décharges électriques, son corps sur des ressorts qu’il avait renoncé à remonter ; il ne ressemblait déjà plus à un homme, il s’était lui-même transformé en usine (...).
 

Bertrand Flamain

La lumière parle et se renverse

Livre

Il s’agit d’une marche fragmentée, d’un poème à ciel ouvert, d’une succession de pas en pleine lumière. Lumière qui leurre autant qu’elle révèle, lumière crue qui mord à même l’attente que creuse la parole. Insondable lumière de la parole. Lumière pourtant. 

Déjouant ou contournant les allégories de toute lumière poétique, Bertrand Flamain, à la faveur de l’ombre et de la lumière, éconduit l’opacité et les ténèbres. Seule la limpidité d’un monde affleuré puis envahi par la lumière de midi renverse les êtres et peut-être leurs illusions.

La lumière parle et se renverse invoque la terre, le chien, la faim, l’amour et autres prosaïsmes se révélant scintillants à qui ne saurait redouter la lumière et ses manifestations, à qui requiert avec insistance au seuil de la parole une lueur, un espoir.

Poète et musicien, Bertrand Flamain, né en 1979, vit à Paris. La lumière parle et se renverse est son premier recueil.

Extrait :

Bientôt une autre voix se fait entendre. Un rire
d’enfant résonne en coulisse. Mais cette voix, bien
que frêle, bien qu’en marge, fait partie de la pièce.
Et l’on sent bien qu’elle ne cherche pas à nous dire
autre chose que ce qui a été dit. Elle n’ajoute ni ne
retranche rien. Elle prononce les mêmes mots. 
Elle rejoue la scène, mais hors du monde, 
mais hors du temps, et c’est comme si soudain 
elle nous rendait à notre forme simple 
de l’immédiat et du fini, comme
si soudain elle nous donnait à entendre le texte
jusque-là emparé, détourné de sa propre parole.

Mais déjà je tremble d’aborder à cette rive,
de troubler cette lumière.

Parution : 28 avril 2016


Bertrand Flamain

La lumière parle et se renverse

Livre

Il s’agit d’une marche fragmentée, d’un poème à ciel ouvert, d’une succession de pas en pleine lumière. Lumière qui leurre autant qu’elle révèle, lumière crue qui mord à même l’attente que creuse la parole. Insondable lumière de la parole. Lumière pourtant. 

Déjouant ou contournant les allégories de toute lumière poétique, Bertrand Flamain, à la faveur de l’ombre et de la lumière, éconduit l’opacité et les ténèbres. Seule la limpidité d’un monde affleuré puis envahi par la lumière de midi renverse les êtres et peut-être leurs illusions.

La lumière parle et se renverse invoque la terre, le chien, la faim, l’amour et autres prosaïsmes se révélant scintillants à qui ne saurait redouter la lumière et ses manifestations, à qui requiert avec insistance au seuil de la parole une lueur, un espoir.

Poète et musicien, Bertrand Flamain, né en 1979, vit à Paris. La lumière parle et se renverse est son premier recueil.

Extrait :

Bientôt une autre voix se fait entendre. Un rire
d’enfant résonne en coulisse. Mais cette voix, bien
que frêle, bien qu’en marge, fait partie de la pièce.
Et l’on sent bien qu’elle ne cherche pas à nous dire
autre chose que ce qui a été dit. Elle n’ajoute ni ne
retranche rien. Elle prononce les mêmes mots. 
Elle rejoue la scène, mais hors du monde, 
mais hors du temps, et c’est comme si soudain 
elle nous rendait à notre forme simple 
de l’immédiat et du fini, comme
si soudain elle nous donnait à entendre le texte
jusque-là emparé, détourné de sa propre parole.

Mais déjà je tremble d’aborder à cette rive,
de troubler cette lumière.

Parution : 28 avril 2016


Agenda

Rencontre & Lecture - Bertrand FLAMAIN - Librairie de L'Autre Livre - Paris - 7 juin 2016 - 19h30

Montreuil sur Livres - Samedi 21 mai 2016 - Place du marché

S'abonner à la lettre d'information

édition D'ORES ET DÉJÀ


Twitter Facebook

Contact

Éditions d'Ores et Déjà
55, rue de Lancry
75010 Paris
Tel : 01 71 19 51 45

Diffusion

Pollen - Diffusion & Distribution
101 rue des Moines
75017 Paris
Tel : 01 43 58 74 11


Powered by stephane@chrysanthos.net